Quel statut pour démarrer dans le Homeshoring ?

Vous souhaitez tenter l'expérience du Homeshoring mais vous ne savez pas comment vous y prendre ? Cet article vous éclairera sur « comment travailler depuis chez soi dans les métiers du télémarketing». En préambule, il est bon de savoir que pour entrer dans cet univers, aucun diplôme ni qualification n'est requis. Ce métier peut s’apprendre sur le tas et ouvrir de réelles perspectives professionnelles.

 Homeshoring – homeshorer, kesako ?

     Un homeshorer est un agent indépendant qui travaille depuis son domicile en appel entrant ou en appel sortant pour des clients. Il peut également avoir à traiter des mails puisque ce domaine est lié à la Relation Client à Distance. Pour ce faire, le homeshorer doit obligatoirement :

- disposer d’un statut juridique : auto-entrepreneur, portage salarial, eurl, eirl, sasu….

- avoir son propre matériel : ordinateur, micro-casque, connexion internet…

- trouver des clients 

     Si vous débutez dans le télémarketing ou si vous souhaitez être accompagné(e)  via un parcours entrepreneurial pour devenir HOMESHORER, vous pouvez suivre une formation adaptée via un centre de formation en télémarketing. 

Le C.F.T (Centre de Formation aux métiers du Télémarketing) a lancé un dispositif unique en France : le F.I.C.A (Formation et Insertion par la Création d’Activités) uniquement disponible sur le site de Roubaix. Cette formation d’une durée de 01 mois permet de suivre  un parcours de création d’entreprise spécifique au homeshoring et une formation en télémarketing. A l’issue de cette formation « devenir Homeshorer », un premier contrat est fourni afin que le homeshorer puisse démarrer son activité professionnelle. 

D’autres formations en télémarketing peuvent être suivies sur site ou en e-learning en contactant directement le CFT ou d’autres organismes de formation.

Certaines sociétés spécialisées en homeshoring vous proposeront d’utiliser leur logiciel de téléprospection et vous fourniront à la fois le contrat, la mission, les fichiers de prospection et une formation adaptée à la vente du produit et/ou du service comme la société Au Bout du Fil ou Rcad 

QUEL STATUT POUR DEMARRER DANS LE HOMESHORING ?

Il existe différents statuts afin de démarrer votre activité : auto-entrepreneur, portage salarial, EURL, EIRL, SASU... A titre d’exemple : 

 

Auto-entrepreneur :

     C'est le statut majoritairement utilisé chez les Homeshorers. Un des principaux avantages de ce statut est la simplicité de l’immatriculation.

Il vous suffit simplement de remplir un formulaire afin de déclarer votre activité et transmettre celui-ci à l'URSSAF par internet (ou par voie postale pour les plus old-school d'entre vous) accompagné d'une photocopie de votre pièce d'identité. Autre solution vous inscrire directement en ligne via le site officiel de l'URSSAF.

Soyez néanmoins prudent et privilégiez toujours un entretien avec un professionnel pour être certain de ne pas cocher les mauvaises cases.

Une fois le dossier approuvé vous recevrez votre numéro Siret ainsi que toutes les informations concernant votre régime d'imposition. Cette forme permet également de cesser votre activité rapidement en remplissant une nouvelle fois un formulaire.

Si les chiffres ne sont pas votre fort, rassure-vous la comptabilité est simplifiée ; il faudra toutefois vous astreindre à tenir un livre des recettes, un registre de ses achats et à conserver vos factures et pièces justificatives. Pensez également que vous devez disposer d’un compte professionnel dédié à votre activité

Vous pouvez demander le régime fiscal « micro-entreprise » mais cela n'est pas une obligation, il s'agit d'un régime permettant de simplifier le règlement de vos cotisations sociales avec un paiement mensuel ou trimestriel. 

Au démarrage de votre activité vous pouvez demander, si vous êtes éligible, à bénéficier d'une aide de l'état : l'Accre « l'aide au chômeur créateur ou repreneur d'entreprise » permet de bénéficier d'allégement des taux de cotisations sociales partiellement et progressivement sur 3 ans (25% la première année, 50% la deuxième et en toute logique 75% la troisième année !).

Pour plus d'informations sur ce dispositif rendez-vous ici : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F11677

 

Qui dit avantage dit aussi inconvénient, il est nécessaire d'avoir un compte bancaire spécialement dédié à votre activité, un compte courant suffit mais vous pouvez ouvrir un compte professionnel si  vous le désirez.

Vous serez également soumis à l'obligation de payer deux taxes: la taxe pour frais de chambre consulaire ainsi que la Cotisation Foncière des Entreprises. L'auto-entrepreneur a l'obligation d'adhérer au RSI, la couverture sociale des professions indépendantes, vous êtes donc affilié à la sécurité sociale et préparez votre retraite mais en tant qu'indépendant. Vous ne bénéficierez donc pas de la couverture chômage en cas de problème, sauf si vous avez opté pour une assurance privée bien entendu. N’oubliez pas que si vous ne facturez pas la TVA, vous ne la récupérez pas non plus. 

 

Entrepreneur individuel :

     Cette forme simple et adaptée pour les projets peu risqués et de « petite » envergure implique la « responsabilité sur les biens personnels ».  Notez bien que même si cette forme juridique présente plusieurs similarités avec le statut d'auto-entrepreneur elle reste néanmoins différentes.

Les formalités administratives sont elles aussi assez simples pour démarrer votre activité, une simple déclaration auprès d'un Centre de Formalités des Entreprises est nécessaire. C'est une forme assez souple : pas besoin d'enregistrer un statut, pas de capital minimum ni de bilan annuel.

Comme déjà annoncé précédemment cette entreprise reste risquée puisque le patrimoine de l'entreprise est en réalité votre propre patrimoine. En cas de difficultés financières ce sont donc vos propres biens qui seront saisis, ainsi que ceux de votre conjoint (« pour le meilleur et pour le pire ») en fonction de votre statut matrimonial. Il existe néanmoins la possibilité de protéger ses biens immobiliers et autres grâce au contrat d’insaisissabilité. L'entreprise individuelle est soumise à l’impôt sur le revenu et en tant qu'entrepreneur individuel vous êtes soumis au régime social des travailleurs non salariés (TNS).

 

EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) :

     L'avantage de l'EURL est la protection de vos biens. En cas de problème, vous ne perdrez que la somme investie au départ dans le capital social de la société. Dans le cas du Homeshorer, étant associé unique de l'entreprise, il relève également du régime des travailleurs non salariés (TNS).

Créer une EURL est un peu plus long que les deux autres formes déjà citées. Il vous faudra remplir un formulaire (on ne change pas les petites habitudes), publier un avis de constitution d'une EURL sur un journal d'annonces légales (qui existe sur internet également) ainsi que constituer et déposer un dossier de création au Centre de formalités des Entreprises adéquat. Vous avez aussi l'obligation de tenir un inventaire des comptes. A moins que vous ne soyiez vous-même comptable, il vaudrait faire appel à un professionnel pour la tenue de vos comptes. Vous pouvez aussi bénéficier du dispositif Accre (voir ci-dessus).

 

SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) :

     En tant que homeshorer, il y a de forte chance que vous soyez l'associé unique de l'entreprise, ce qui fera de vous le président-associé unique de votre société.

Cela vous mettra donc dans la catégorie des dirigeants assimilés salariés, vous bénéficierez donc de la même protection sociale qu'un salarié, d'une meilleure assurance vieillesse par rapport aux autres formes d'entreprise individuelle, ainsi que d'un titre de « président-associé-unique » qui fait son petit effet ! Tant que vous ne touchez pas de rémunération vous êtes dispensé du paiement des cotisations sociales minimales et vous pouvez continuer à toucher l'ARE (l'allocation d'aide au retour à l'emploi) https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1447

Tout comme l'EURL, vos biens sont protégés à hauteur de vos apports uniquement, ce qui reste une option confortable. Enfin, même si cela reste peu probable, si vous souhaitez fonder votre propre dynastie de Homeshorer, cette forme facilite la transmission de l'entreprise à vos héritiers.

 Vous commencez à comprendre que plus il y a d'avantages plus la création devient compliquée. Comme dit l'adage « on n’a rien sans rien ». Afin de constituer votre SASU et devenir LE président-associé unique, il vous faudra : rédiger les statuts de votre SASU, un acte juridique relativement long, publier une annonce dans un journal d'annonce légale, obtenir un certificat de dépôt de fond et, vous avez deviné, remplir un formulaire ! 

 

Portage salarial :

     Le portage salarial est une relation contractuelle entre trois parties (tripartite) : le consultant en portage salarial (vous), la société de portage salarial et la société cliente pour laquelle vous effectuez la mission.

Évitons le suspens, le réel avantage du portage salarial est que vous êtes indépendant mais profitez des avantages du salarié et notamment de l'assurance chômage ! Néanmoins en tant que consultant-expert vous choisissez comment vous souhaitez travailler et négociez les conditions de votre mission avec votre client qui n'est pas la société de portage salarial, vous me suivez ?. Et puisqu'une image vaut mieux qu'un long discours voici un petit schéma de notre partenaire As-Com :

 

 

On ne vous a pas perdu ? Bien, dans ce cas comment ça marche ?

Vous signez un contrat appelé « convention de portage » avec la société de portage salarial, puis deux autres contrats une fois que vous aurez trouvé un client (Oui ça commence à faire beaucoup mais après c'est fini promis) :

a. un contrat de prestation entre votre client et la société de portage qui s'occupera de toutes les formalités administratives (on ne va pas se plaindre), 

b. un contrat de travail entre vous et la société de portage qui devient votre « employeur », notez bien les guillemets, vous restez votre propre patron.

Vous avez le statut d’entrepreneur-salarié : Cela signifie que vous recherchez vos clients, vous négociez vos prix etc mais que chaque mois vous recevrez une fiche de salaire proportionnelle au chiffre d’affaires que vous rentrez. Pour voir large, vous laissez environ 50 % de chiffre mais en contrepartie vous disposez d’un contrat de travail qui débute toujours par un CDD, d’une fiche de paie, de la protection sociale, de la cotisation retraite, des cotisations chômage… et pas des moindres, vous pouvez dispenser des formations, répondre à des appels d’offres tandis que la société de portage gère l’administratif. Les 50 % que vous laissez au passage comprennent les frais de fonctionnement de la société de portage, les déductions obligatoires d’un salarié.

 

     Le choix de votre statut dépendra donc de votre situation, de votre projet et de votre volonté. Pour bien choisir, consultez des professionnels de la création d’entreprise, interrogez votre caf, votre pôle emploi, l’urssaf et comparez les différentes sociétés de portage salarial pour bien connaître leurs services et leurs coûts. 

Vous avez la formation, le matériel nécessaire ainsi que votre forme juridique? Bien, il ne vous reste plus qu'a franchir le cap. Nous vous donnons rendez-vous ICI pour savoir comment trouver vos missions.

 

Rédacteur: Quentin Debruyne
Co-Rédactrice: Nathalie Ratajczyk